Temps couvert pour Mahomet : une église au lieu d’une mosquée / par Olivier Figueras

Publié le par monde et vie

L’Etat a vendu lundi à la Russie le siège parisien de Météo France, poursuivant ainsi la cession de bâtiments ou inutiles, ce qui lui a déjà rapporté 3 milliards depuis cinq ans.

« Soucieux de couper court à toute nouvelle polémique », assure l’AFP, le ministère du Budget affirme, dans un communiqué, que « cette opération a suscité l’intérêt de nombreux investisseurs français et internationaux. A l’issue de cet appel d’offres, l’Etat a retenu la proposition assortie du prix le plus élevé [on parle d’au moins 60 millions d’euros]. Celle-ci émane de la fédération de Russie. »

On n’en saura pas plus, ni de l’agence de presse, ni du ministère sur cette évocation polémique. Mais ceux qui ont lu l’édition de la semaine dernière de notre confrère Minute (www.minute-hebdo.fr) – et, nous pouvons le dire ici, qui liront l’édition prochaine – savent que l’Arabie Saoudite (ainsi que le Canada) étant sur les rangs des acquéreurs, il était question, ni plus ni moins, de transformer ces locaux en centre culturel et cultuel. Autrement dit : en mosquée. Et que ce n’est sûrement pas pour une question d’argent

Construit en 1948 pour les services de la Météorologie nationale, le bâtiment de plus de 8 000 m2 cédé lundi est situé sur les quais de la Seine, à proximité de la tour Eiffel, dans le VIIe arrondissement de Paris. Quant au siège de Météo France, où travaillent 430 personnes, il doit déménager à Saint-Mandé dans un bâtiment neuf qui abritera aussi l’Institut géographique national.

Si l’on en croit un porte-parole de l’ambassade de Russie à Paris, il devrait être transformé en « un centre spirituel et culturel qui pourrait comprendre une église et un séminaire ».

Cette nouvelle opération, après le déménagement des douanes en 2005 aux portes de Paris, eux aussi dispersés sur plusieurs sites, s'inscrit dans le cadre de la rationalisation du patrimoine immobilier public engagée en 2005.

Bercy a tenu à préciser que 15 % des quelque trois milliards d’euros récupérés au cours des cinq dernières années par le biais de cette politique de cession ont été affectés au remboursement de la dette.

Le rythme des cessions immobilières s’est cependant ralenti depuis 2008 dans le contexte de la crise. Ainsi, après 820 millions d’euros en 2007, l’Etat n’a récolté que 395 millions en 2008, et 475 millions en 2009. En 2010, l’objectif qui table sur une reprise du marché a été fixé à 900 millions d’euros.

Pour l’heure, l’Etat est actuellement propriétaire d’environ 12 millions de mètres carrés, d’une valeur estimée à 53 milliards d’euros.

Si l’on peut estimer que cela laisse une certaine marge, certains n’en ont pas moins critiqué récemment la politique immobilière de l’Etat. Ainsi Philippe Séguin avait-il accusé, fin octobre, le gouvernement de Nicolas Sarkozy de « liquider les bijoux de famille ». Mais sans doute feu le Premier Président de la Cour des comptes pensait-il s’adresser à un hongre…

Olivier Figueras

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