Moraliser nos finances / par Olivier Figueras

Publié le par monde et vie

En ouvrant, mercredi, le 40e Forum économique mondial de Davos, Nicolas Sarkozy a dénoncé « une crise de la mondialisation », expliquant que « la mondialisation a dérapé à partir du moment où il a été admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune raison ne lui était opposable ». En bref, ce n’est pas la politique qui est responsable de la situation, mais le système économique qu’il convient de moraliser pour « remettre l’économie au service de l’homme »…

Les banquiers – et pas seulement les banquiers… – ne se sont pas laissés prendre par cet écran de fumée lancé par le président français. Et les principaux d’entre eux ont dénoncé un interventionnisme dont il n’est pas dit que l’impact, à plus ou moins long terme, soit de nature à redresser la situation économique.

Quoi qu’il en soit – et il serait bien prétentieux de prétendre résoudre la crise actuelle d’un coup de baguette magique –, l’action du chef de l’Etat est à géométrie variable. Ainsi, jeudi, à l’Elysée, a-t-il annoncé, à l’occasion d’une première conférence sur le sujet, que des « décisions extrêmement importantes » pour « contenir » les déficits français seraient prises prochainement.

Prochainement, et plus précisément en avril ; c’est-à-dire après les élections régionales.

Les décisions sont effectivement nécessaires : avec un déficit public prévu à 8,2 % du PIB cette année et une dette à 83,2 %, les comptes publics sont effectivement anémiés. Et, en trente ans, « la dépense publique est passée de 9 500 euros par habitant à 16 500 en 2009 », souligne le ministre du Budget, Eric Woerth.

Puisqu’on a promis aux Français de ne pas toucher aux impôts, « il faut agir sur chacune des composantes de la dépense », assure Nicolas Sarkozy. Et diminuer notamment les dépenses sociales, en s’intéressant à la réforme des retraites et aux dépenses de santé.

En espérant que la main droite du contribuable ignorera ce que fait sa main gauche. Toutefois, comme une rencontre est toujours possible, on attendra pour ce faire que les élections soient passées.

Pourquoi inquiéter inutilement l’électeur ?

Olivier Figueras

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