Mise en examen de Jacques Chirac / par Hervé Bizien

Publié le par monde et vie

L’ancien président de la République n’a rien avoir avec le roi des gangsters ; mais…

A l’époque où Al Capone, le roi de la pègre de Chicago, régnait en maître sur le crime organisé, Eliot Ness et ses incorruptibles parvinrent à le faire tomber pour une banale affaire de fraude fiscale.

Tout rapport avec Jacques Chirac est bien sûr exclu ; l’ancien président de la République est seulement mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans une affaire portant sur sept emplois fictifs dans les années 1990. Sept personnes rémunérées par la mairie de Paris, alors qu’elles travaillaient pour le RPR.

L’affaire apparaît ridicule, au regard de toute la vie publique et politique de l’ancien premier ministre, maire de Paris et président de la République.

Sept emplois fictifs.

Pour les mêmes raisons, Alain Juppé, l’ancien premier ministre et bras droit de Jacques Chirac, avait été condamné en appel, en 2004, à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

Ce n’est pas le seul des lieutenants de Chirac à avoir eu ou à avoir des démêlés avec la justice.

Dominique de Villepin, son dernier premier ministre, mis en cause dans l’affaire Clearstream, a été la principale vedette d’un procès sur lequel a plané l’ombre de l’ancien président.

Charles Pasqua, son ancien ministre de l’Intérieur, l’a nommément mis en cause après avoir été condamné dans l’affaire des ventes d’armes à l’angola.

Gaston Flosse, son ancien secrétaire d’Etat chargé du Pacifique sud, ex- président du gouvernement de la Polynésie française, proche de Chirac au point de lui avoir demandé d’être le parrain de l’un de ses enfants, se trouve mis en examen pour corruption passive, recel d'abus de bien sociaux et destruction de preuves, et a été placé en détention provisoire au mois de novembre.

Jean Tibéri, collaborateur de premier plan de Chirac à la mairie de Paris, poursuivi dans l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, a été condamné au mois de mai dernier à dix mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

Michel Roussin, son ex-directeur de cabinet à la mairie de Paris, fut condamné en première instance, puis en appel, dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France.

Plusieurs autres de ses collaborateurs ont été mis en examen ou condamnés dans l’affaire des HLM d’Ile-de-France. Dans une K7 enregistrée par ses soins, l’homme d’affaires Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR et membre de son comité exécutif, impliqué dans cette affaire de corruption, avait affirmé avoir remis 5 millions de francs en espèces à Jacques Chirac en octobre 1986.

Alors, non, bien sûr Jacques Chirac n’est pas Al Capone. Et sa mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris n’a donc rien à voir avec la chute de l’ancien roi de la pègre de Chicago, sur une dérisoire affaire de fraude fiscale…

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