Lundi 22 février 2010
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Elle avait une quarantaine d’années. Un « beau » jour de 2007, à Jabal Akhdar, un quartier du centre d’Amman, capitale de
la Jordanie, elle a été tuée par son frère âgé de 21 ans. Pas pour l’une quelconque de ces raisons qui « justifient » régulièrement les fameux crimes d’« honneur ». Mais parce que, possédant un
téléphone portable, elle l’utilisait fréquemment. Trop fréquemment, semble-t-il, pour ne pas engendrer la suspicion de son petit frère…
Arrêté peu après son crime, le petit frère a reconnu avoir poignardé sa sœur parce qu’il ne supportait pas ce que son attitude avait de suspecte. Le tribunal l’a alors condamné à mort pour
assassinat.
L’histoire pourrait s’arrêter là. Sauf que la sentence n’a toujours pas été exécutée. Et qu’elle ne le sera jamais. La famille a en effet décidé de ne pas faire valoir ses droits légaux. De ce
fait, dimanche dernier, le tribunal a commué la peine de mort en une autre, plus clémente, de dix ans d’emprisonnement…
On sait que le Parlement a refusé par deux fois de réformer le code pénal pour aggraver les peines encourues par les auteurs de ce genre de crime. Dès lors, pour l’Etat comme pour la justice, pour
la famille même, la chose est claire. S’il est difficile de ne porter aucune condamnation contre un homme qui tue sa sœur, sur une simple suspicion qui plus est, il est manifeste que la sœur a bien
moins d’importance que son frère ; bien moins surtout que l’« honneur » de la famille.
Que celle-ci se rassure ! Lorsqu’il sortira de prison, le petit frère n’aura que 30 ans ; et il lui sera toujours loisible de veiller à ce que ses autres sœurs (s’il en a) ou ses cousines, voire
ses voisines, ne violent pas impunément l’« honneur » familial.
Olivier Figueras
Par monde et vie
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