Fort Hood : les motivations « floues » du psy musulman

Publié le par monde et vie

On se perd en conjectures sur les motivations qui ont bien pu pousser un médecin militaire américain à tirer sur d’autres soldats américains, faisant 13 morts et 42 blessés.

Le Monde du 12 novembre, rapportant la cérémonie organisée après la tuerie, sur la base de Fort Hood, en présence de Barack Obama, évoque ainsi « un acte aux motivations encore floues ». Rappelons les faits pour tenter de les préciser. Ce médecin militaire musulman d’origine palestinienne, sur le point d’être envoyé en Afghanistan où il refusait de se rendre en raison de son hostilité à l’engagement américain, a ouvert le feu sur ses camarades en criant « Allah Akbar ». Il paraît donc presque impossible de deviner les raisons profondes de son geste… Des esprits superficiels, emportés par une précipitation condamnable, ont prétendu que les convictions religieuses du médecin tueur, pourraient avoir contribué à déterminer son geste. Ces esprits superficiels se trompent : mettre en cause l’islam dans cette affaire, c’est faire le jeu de l’extrême droite. Le journaliste du Monde, Nicolas Bourcier, se réjouit d’ailleurs que Barack Obama ne soit pas tombé dans ce piège : au cours de l’allocution qu’il a prononcée, pas une fois le président américain n’a cité le nom de l’assassin, Nidal Malik Hasan, ni prononcé le mot « musulman », « évitant d’aborder la question sensible de la place des soldats de confession musulmane dans les rangs de l’armée américaine » commente notre confrère. Pourquoi ? Il y aurait donc un lien entre les motivations floues d’Hasan et sa religion ? Chut ! Pas plus, peut-être, qu’il n’existe de lien entre la mission de ce médecin psychiatre auprès des soldats américains de Fort Hood et le fait que ce soit sur cette base que l’on compte le plus de suicides depuis le début de la guerre en Irak…
Hervé Bizien

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