Des évêques en marche / par Olivier Figueras

Publié le par monde et vie

Combien étaient-ils à marcher, dimanche, à Paris pour la défense de la vie ? Des milliers ? des dizaines de milliers ? La réalité est blottie quelque part, derrière tel ou tel zéro, bien au-dessus des 3 100 comptabilisés par les forces de l’ordre, et se rapprochant des 20 à 25 000 affichés par les organisateurs. Certains médias, en tout cas, débordés sans doute par cette joyeuse persistance, n’ont pu empêché cette année ces milliers d’entrer dans leurs colonnes et leurs ondes…

Combien étaient-ils de prêtres, de religieux et de religieuses, de tous horizons, et de toutes “sensibilités” ? Des centaines sans doute, pour la plupart jeunes, venus en masse pour répéter aux échos de Paris une réalité qu’un monde préfabriqué veut fuir.

Un évêque ! Il y avait même un évêque, venu prier – et marcher – avec ses ouailles ; un évêque enhardi sans doute par le soutien manifesté par une vingtaine de ses confrères, dont le cardinal Barbarin. Un évêque qui a brisé pour toujours le mur du silence et d’on ne sait trop quelle démarcation entre catholiques. Un évêque discret, mais bien présent : Mgr Lebrun, de Saint-Etienne.

A Bruxelles aussi…

Ce lundi, un autre évêque aussi occupe les pensées, et les colonnes médiatiques. « Le pape a nommé André-Mutien Léonard, jusqu’à présent évêque de Namur, archevêque de Malines-Bruxelles » (et donc nouveau primat de Belgique), a officiellement indiqué le Vatican ce matin.

La rumeur qui se propageait depuis quelques temps se voit donc confirmée, au grand dam de certains qui craignent un retour dont ne sait trop quoi. Pensez : Mgr Léonard est connu pour ses positions “conservatrices”… On l’a vu ordonner des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (qu’il a paternellement accueillie dans son diocèse de Namur), et célébrer la forme extraordinaire au Barroux et dans d’autres lieux. On l’a vu s’opposer à la promotion du “mariage” homosexuel, etc. Bref ! se conduire en évêque, et rappeler sans peur la doctrine catholique. Au point que certains l’appellent le Ratzinger belge. On ose supposer que personne ne s’offusque de ce qu’un évêque catholique soit comparé au Pape…

« Nous avons le même amour pour l’Eglise, nos ADN sont différents », a déclaré ce matin son prédécesseur, le cardinal Danneels, qui a assuré, en réponse aux craintes de certains, que « ce n’est pas parce que le menu est servi par un autre que le menu a changé ».

Mgr Léonard s’est contenté de préciser : « La différence est surtout dans le style, l’approche. Le cardinal a d’abord le souci de l’harmonie, de la paix, de la concorde… J’ai aussi ce souci. Mais je veux bien risquer un petit combat, une petite polémique. »

Ce qui est déjà une « différence » de taille. Qu’il ponctue plus clairement encore en ajoutant : « Je sais par conviction personnelle, par expérience, qu’on gagne à montrer avec clarté ce qu’être chrétien implique. »

Olivier Figueras

 


MARCHE POUR LA VIE 2010 - REPORTAGE CEC

 

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