Copenhague ne fera pas la pluie et le beau temps / Par Olivier Figueras

Publié le par monde et vie

Copenhague est devenue lundi, et pour quinze jours, la capitale d’un monde écolo, où 193 pays se sont réunis afin de lancer un appel pressant à « voter pour la Terre ».

« Vous êtes, durant une courte période, dépositaires des espoirs (…) de l’humanité », a lancé le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen en ouvrant les travaux du sommet devant 1 200 délégués du monde entier, suggérant que la capitale danoise devienne, le temps de cette quinzaine, “Hopenhague” – le port de l’espoir.

La réunion a d’ailleurs débuté par la projection d’un court film-catastrophe montrant une fillette endormie au côté de son ours blanc en peluche, et qui s’éveille au milieu d’un désert au sol craquelé, avant d’être rattrapée par des vagues déchaînées. Les participants auront ainsi économisé le prix de la place de cinéma pour aller voir “2012”…

Cette conférence ne sera un succès que « si une action significative et immédiate commence » le jour-même où ses travaux s’achèveront, a prévenu le patron du climat à l’ONU, Yvo de Boer. « Les pays en développement attendent désespérément une action tangible et immédiate », affirme-t-il. Mais aussi sonnante et trébuchante, puisque les organisateurs n’hésitent pas à proposer l’idée d’un financement de 10 milliards de dollars par an jusqu’en 2012 pour leur permettre de s’adapter aux besoins de la planète…

Aide d’un côté, mais aussi promesse, de l’autre, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et là, les choses se compliquent.

« A l’heure actuelle, les conditions ne sont pas remplies pour faire passer notre objectif de 20 % à 30 % », déclare ainsi le ministre polonais des Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz. Notamment parce que les Européens aimeraient bien que les autres pays développés fassent un effort comparable…

Les organisations de défense de l’environnement aimeraient bien, quant à elles, que les Européens franchissent le pas pour montrer l’exemple. Certains pays affirment être prêts à franchir le pas. « C’est le cas de la Suède, des Pays-Bas ou encore du Royaume-Uni », indique un diplomate. En France ou en Allemagne, c’est autre chose…

L’aide à apporter aux pays en développement pose également problème. L’Union européenne n’a pas encore défini le montant global de son aide, même si une contribution annuelle volontaire (sic !) de 1 à 3 milliards d’euros entre 2010 et 2012 est évoquée. Car comment la répartir ?

Il ne faudrait d’ailleurs pas que la réponse à ces questions génère d’autres difficultés. « Avant que nous ne déployons tous nos efforts dans la lutte contre le changement climatique, les pays pauvres rencontraient déjà une série de problèmes », souligna ainsi Kandeh Yumkella, directeur général de l’organisation des Nations unies pour le développement industriel. « Nous ne voulons pas, poursuit-il, que le changement climatique cannibalise d’autres financements pour le développement. »

Autre difficulté, le Climategate, c’est-à-dire l’affaire des courriels de scientifiques piratés en Angleterre, exploitée par les sceptiques du réchauffement pour le remettre en cause. Certains pays, dont l’Arabie saoudite, ont estimé que cette mise en cause d’un certain discours scientifique affectait le « niveau de confiance » des peuples en la science.

Mais, on le voit, sans même remettre en cause le dogme climatologique, certains pays ne semblent guère décidés à mettre la main à la poche…

Olivier Figueras

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