Baiser de la lune : la trahison de Luc Chatel / par Hervé Bizien

Publié le par monde et vie

Au sein de l’équipe de François Fillon, Luc Chatel cumule les casquettes de ministre de l’Education nationale et de porte-paroles du gouvernement. C’est à dessein que je mets au pluriel le mot « paroles », car ce politicien en a plusieurs selon les interlocuteurs auxquels il s’adresse.
Il vient de le montrer, dans ses fonctions de ministre de l’Education, à propos du film d’animation Le Baiser de la lune. Je rappelle que ce court-métrage signé Sébastien Watel, qui met en scène les amours de deux poissons homosexuels sous le regard d’une vieille chatte archaïque, devait initialement être diffusé dans les classes de CM1 et de CM2.
Il a provoqué une tempête de protestations, relayée par de nombreux blogues, sites Internet, journaux et associations. Une pétition, mise en ligne par le site des 4 vérités*, a recueilli près de 20 000 signatures. Le Collectif pour l’enfant, les Associations familiales catholique, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, ont pris position contre le projet, ainsi que plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien ministre Christine Boutin.
Devant cette levée de boucliers, les ministères de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports ont demandé à Sébastien Watel de retirer leurs logos de la liste des partenaires officiels du site et Luc Chatel lui-même a convenu que le court-métrage n’avait « pas vocation à être diffusé en primaire à l’école ». Ce n’était qu’une victoire à la Pyrrhus, puisque le ministre annonçait qu’il serait en revanche présenté dans les collèges et les lycées : il semblerait donc que la promotion de l’homosexualité soit désormais intégrée dans les programmes de l’Education nationale…
Les optimistes qui – comme nous – s’étaient toutefois félicités de cette fausse victoire, en considérant qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, vont devoir déchanter. Le site Internet du magazine homosexuel Têtu fait état, en effet, de la rencontre qui a eu lieu, le 15 février dernier, entre Chatel et les représentants d’un « Collectif Education contre les LGBTphobies en milieu scolaire » et de plusieurs associations « inter-LGBT » (entendez lesbiennes, gays, bi et transsexuels ). Au cours de cette entrevue, le ministre aurait assuré ces militants du lobby homosexuel que les enseignants du primaire qui choisiraient de diffuser le Baiser de la lune dans leur classe ne seraient pas sanctionnés, et qu’ils en avait la « liberté pédagogique ».
Pour en savoir plus, nous avons contacté le service de presse du ministère.
Quant à l’exactitude des informations rapportées dans Têtu par Philippe Castel, représentant de l’« Inter-LGBT », le service de presse nous a indiqué qu’il n’y avait pas de raison d’en douter.
Quant à la « liberté pédagogique », il apparaît que « dans l’Education nationale, l’enseignant n’est pas censé rendre compte des supports pédagogiques qu’il utilise. » Peut-il donc utiliser n’importe quel support pédagogique ? « Oui, nous a-t-on répondu, pourvu qu’il soit labellisé par l’Education nationale ».
La question se pose donc de savoir si, oui ou non, le film de Sébastien Watel a été labellisé par l’Education nationale comme un outil pédagogique pouvant être utilisé à l’école primaire. Dans l’impossibilité de nous répondre, notre interlocutrice au service de presse du ministère nous a dirigé vers la personne chargée du dossier à la région Bretagne, qui nous a elle-même renvoyés vers l’inspection d’académie d’Ille-et-Vilaine, où l’on nous a fait savoir que M. l’Inspecteur était en vacances…
Qu’à cela ne tienne, nous attendrons qu’il en revienne. En tout état de cause, il apparaît pour l’instant, soit que Luc Chatel n’a qu’une notion assez floue de ce que recouvre la « liberté pédagogique » ; soit que le Baiser de la lune est bel et bien labellisé par l’Education nationale en tant qu’outil pédagogique utilisable dans les écoles primaires.
Au reste, la différence est mince. Philippe Castel résume très bien la stratégie politicienne du ministre, en expliquant sa « prudence » par le désir de ne pas « se mettre à dos un électorat conservateur » en période pré-électorale. Ce qui signifie clairement, d’une part, que le ministre est en réalité d’accord avec les représentants du lobby homosexuel, et, d’autre part, qu’il nous prend pour des gogos. En quoi il ne diffère guère de l’ensemble du gouvernement.
C’est ainsi que, depuis longtemps, sont trahies les droites.

Hervé Bizien

* Le site des 4 Vérités a lancé une deuxième pétition pour demander à Luc Chatel de clarifier sa position, en confirmant ou en démentant officiellement les propos que lui prête Têtu.

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