Avortement-contraception : une brèche dans le discours / par Olivier Figueras

Publié le par monde et vie

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociale (Igas), qui devait être remis ce mardi au ministre de la Santé Roselyne Bachelot, affirme que, trente-cinq après la loi Veil, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception est encore compliqué. Dans le même temps, le rapport affirme que la France compte plus de 200 000 avortements par an. On se demande ce qu’il en serait si l’accès n’y était pas aussi « compliqué » !

Pour l’Igas, il s’agit là d’une « situation paradoxale », puisque la France cumule un taux de natalité très élevé, un taux de diffusion de la contraception « parmi les plus élevés au monde » et un taux d’avortement qui « reste à un niveau relativement important ».

On ne sait trop ce qu’elle entend par taux de natalité très élevé, puisque, pour 2009, celui-ci était de 1,99 (enfant par femme en âge de procréer) en France, alors que le taux officiel de renouvellement de la population est de 2,1.

Mais l’Igas n’en estime pas moins que, malgré les « progrès réels » de la loi de 2001 – qui a porté le délai légal d’IVG de dix à douze semaines – il convient de renforcer la prévention, en particulier en direction des plus jeunes.

La prévention des naissances donc, pour faire en sorte que notre taux de natalité très élevé chute, bien au-dessous du taux de renouvellement de la population. Autrement dit, c’est la mort programmée d’une population…

Le rapport se lamente d’ailleurs de ce que le nombre d’établissements pratiquant l’avortement soit passé de 729 en 2000 à 639 en 2006. En cause le fait que l’avortement ne paie pas…

Autre préoccupation de l’Igas, l’échec de la contraception – qu’il faut pourtant renforcer… – puisqu’elle note un « niveau préoccupant » de ratés. Ainsi 72 % des avortements – c’est tout de même une brèche importante dans le discours… – sont réalisés sur des femmes qui étaient sous contraception.

Pauvres jeunes, se lamente-t-elle, auxquels le droit à la contraception est « dénié dans les faits », puisque les ados doivent présenter la Carte vitale de leurs parents pour se faire rembourser.

Que l’Igas se rassure ! Roseline Bachelot a dit son intention de « mettre le paquet sur l’information en milieu scolaire » en matière d’éducation à la sexualité pour faire reculer le nombre de grossesses chez les mineures.

Le ministre de la Santé entend en outre prendre des mesures pour garantir un égal accès à l’avortement sur le territoire, et promet une consultation médicale gratuite et anonyme pour les mineures. Elle a par ailleurs indiqué que le gouvernement allait augmenter de 10 % la rémunération pour les établissements où l’on pratique l’avortement.

Etc.

Olivier Figueras

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